Guide d’introduction à WSJT-X pour les radioamateurs
Guide d’introduction à WSJT-X pour les radioamateurs
Ce que permet WSJT-X
WSJT-X est un logiciel libre et open-source très populaire chez les radioamateurs pour les communications numériques à très faibles signaux.
Il intègre plusieurs modes de transmission numérique spécialement conçus pour échanger des messages courts dans des conditions où les signaux radio sont inférieurs au bruit.
Parmi ces modes, on retrouve notamment FT8 et FT4 (modes rapides pour les bandes HF), WSPR (un mode « balise » pour étudier la propagation), ainsi que d’autres modes comme JT65, JT9, Q65, MSK144, etc.
Tous ces protocoles ont été développés pour établir des QSOs fiables même avec des signaux extrêmement faibles ou du matériel modeste
En pratique, cela signifie qu’un amateur peut, grâce à WSJT-X, contacter des correspondants du monde entier avec quelques watts et une antenne simple, là où la voix ou d’autres modes numériques ne passeraient pas
WSJT-X a été créé par Joe Taylor (K1JT) et son équipe, et son nom signifie « Weak Signal communication by K1JT » (communication à signal faible par K1JT)
Un clin d’œil à sa vocation première : le trafic en conditions difficiles.
Installation de WSJT-X
WSJT-X fonctionne sur la plupart des ordinateurs sous Windows (Windows 7 et suivants), Linux (des paquets existent pour Debian/Ubuntu, RedHat/Fedora, Raspberry Pi, etc.) et macOS
Le programme est disponible gratuitement sur le site officiel des développeurs.
Pour l’installer, suivez ces étapes simples :
Téléchargement : Rendez-vous sur la page officielle de WSJT-X pour obtenir la dernière version stable du logiciel (fichier d’installation adapté à votre système d’exploitation)
Assurez-vous de toujours télécharger depuis le site officiel afin d’obtenir une version sûre et à jour.
Installation : Exécutez le fichier téléchargé.
Sous Windows, lancez le fichier .exe puis suivez l’assistant d’installation.
Sous macOS, ouvrez l’image disque .dmg et glissez l’application WSJT-X dans votre dossier Applications.
Sous Linux, installez le paquet (par exemple via dpkg -i pour le .deb ou avec votre gestionnaire de paquets rpm) ou compilez le programme depuis les sources si nécessaire, en suivant la documentation fournie.
Premier démarrage : Lancez WSJT-X depuis le menu ou le raccourci créé.
Au premier démarrage, le logiciel vous demandera de configurer certains paramètres de base.
En particulier, renseignez votre indicatif (votre appel radioamateur) et votre localisateur de grille (votre locator QTH, par exemple JN18eu) dans l’onglet “Général” des paramètres
Sélectionnez également votre région IARU si demandé (1 pour l’Europe/Afrique, 2 pour les Amériques, 3 pour Asie/Pacifique)
Ces informations permettent au logiciel de générer automatiquement les messages standard.
Vous pouvez laisser les autres options par défaut pour le moment.
Configuration de la radio : Configurez l’interface avec votre émetteur-récepteur.
Si vous utilisez un câble CAT USB ou une interface audio externe, assurez-vous que WSJT-X est paramétré pour utiliser le bon périphérique audio (carte son ou interface) pour la réception et l’émission des signaux audio numériques.
Dans les réglages (onglet “Audio”), sélectionnez la carte son reliée à votre radio (entrée micro et sortie haut-parleur)
Dans l’onglet “Radio”, choisissez le modèle de votre transceiver dans la liste (ou un contrôleur CAT tiers comme Hamlib ou OmniRig) et configurez le port de contrôle CAT si vous souhaitez que WSJT-X pilote la fréquence et la PTT automatiquement
Pour débuter, il est possible de ne pas activer le CAT et de simplement régler manuellement la fréquence sur la radio, mais l’utilisation du CAT apporte du confort.
Synchronisation de l’horloge : Très important – assurez-vous que l’horloge de votre ordinateur est à l’heure exacte (à mieux que ±1 seconde).
Les modes comme FT8 fonctionnent par cadences temporelles strictes, et une désynchronisation de l’horloge empêchera les décodages.
Il est recommandé d’activer la synchronisation internet de l’horloge Windows ou d’utiliser un outil de synchro NTP si besoin.
Une fois ces étapes réalisées, WSJT-X est installé et prêt à être utilisé.
Vous devriez voir la fenêtre principale du logiciel avec, en haut, un affichage type “waterfall” (spectre en cascade) et en bas les panneaux où s’afficheront les messages décodés.
Utilisation de base
Exemple d’interface de WSJT-X (ici en mode WSPR sur 40 m) avec le waterfall en haut et la liste des signaux décodés en bas.
L’interface de WSJT-X peut sembler chargée au premier abord, mais elle reste assez simple à comprendre après quelques essais.
Sur la partie haute, le waterfall (graphique en cascade des fréquences) défile en temps réel et montre les signaux reçus sur la bande passante audio de votre radio (généralement ~3 kHz).
Les signaux FT8 y apparaissent sous forme de traces colorées très étroites, à des positions correspondant à leur tonalité en Hz
Chaque “tranche” horizontale correspond à 15 secondes d’activité. En dessous, la fenêtre “Band Activity” liste les messages numériques décodés récemment sur la fréquence surveillée, avec des informations telles que l’heure (UTC), le niveau de signal en dB, le décalage de temps DT, la fréquence audio, et bien sûr le message (indicatifs des stations, report échangé, etc.).
WSJT-X décode automatiquement tous les signaux FT8/FT4 présents dans la bande passante en fin de cycle et les affiche dans cette liste toutes les 15 secondes.
Cadence des échanges : Les modes FT8 et FT4 fonctionnent en transmissions alternées selon une horloge commune.
En FT8, chaque cycle complet dure 15 secondes : une station A émet pendant ~12,6 s puis écoute pendant 15 s pendant que la station B répond, et vice-versa
Concrètement, tous les signaux FT8 dans le monde commencent à émettre au top des 15 secondes (par ex. à 00:00, 00:15, 00:30, 00:45 sur l’horloge), et durent un peu moins de 13 s, le reste du temps étant dédié au décodage.
FT4 est similaire avec un cycle accéléré de 7,5 s seulement.
Cette synchronisation stricte sur l’horloge explique pourquoi il est crucial d’avoir un PC à l’heure.
La conséquence est qu’un échange complet FT8 (appel, réponse, accusés de réception) prend généralement environ une minute à une minute et demie, soit beaucoup moins qu’en modes plus lents comme JT65 où il fallait ~4 minutes pour un QSO.
Réaliser un QSO en FT8 pas à pas : Voici un déroulement typique d’un contact en FT8.
Supposons que vous vouliez contacter une station qui appelle CQ :
Réglage initial : Sélectionnez le mode FT8 dans WSJT-X et réglez votre émetteur sur la fréquence FT8 de la bande choisie (par ex. 7,074 MHz en 40 m, 14,074 MHz en 20 m, etc. – ces fréquences par défaut sont généralement déjà listées dans WSJT-X).
Vérifiez que le bouton “Monitor” est activé (il l’est par défaut au démarrage, en vert) pour que le logiciel écoute et décode en continu.
Décodage des appels : Observez la fenêtre des messages décodés.
Les stations appelant CQ apparaissent typiquement avec un message du type “CQ [indicatif] [locator]”.
Par exemple : CQ F4ABC JN12.
Trouvez une station que vous souhaitez contacter (par indicatif ou par DXCC recherché).
Répondre à un CQ : Faites un double-clic sur la ligne du CQ de la station choisie.
WSJT-X va automatiquement préparer la réponse standard pour vous.
Votre indicatif et celui de la station distante vont apparaître dans la fenêtre “Générateur de messages” avec un report signal à envoyer.
En même temps, le logiciel va se mettre en mode Transmit (prêt à émettre) au prochain créneau disponible : vous verrez le bouton “Enable Tx” coché automatiquement
À l’heure exacte du début du prochain cycle de 15 s, WSJT-X émettra votre réponse – par exemple F4ABC F1XYZ -07 si F1XYZ est la station CQ et -07 votre report signal mesuré.
Échange des reports : Si la station vous reçoit, elle émettra à son tour le message suivant dans le cycle suivant, typiquement en envoyant votre indicatif et le sien avec un report en dB (p. ex. F1XYZ F4ABC -10).
Vous verrez ce message s’afficher en vert (couleur par défaut pour les messages vous étant adressés) dans WSJT-X.
Le logiciel enchaîne automatiquement et planifie alors d’émettre l’accusé de réception.
Accusé de réception et conclusion : Lors du cycle suivant, votre WSJT-X émettra soit un accusé RR73 soit simplement RRR pour confirmer la réception (selon configuration).
La station correspondante répondra alors par un dernier 73 final.
Ce “73” (meilleures salutations) indique que le QSO est terminé.
WSJT-X affichera ce message de clôture en bleu (couleur par défaut pour les messages de fin) et décochera le bouton “Enable Tx” automatiquement à la fin du cycle.
Vous venez de réaliser un contact complet en FT8, avec échange d’indicatifs, de reports et de 73.
En suivant ce processus, la plupart du travail est automatisé par WSJT-X.
Votre rôle se limite souvent à choisir une station à contacter ou à lancer vous-même des appels CQ (en appuyant sur “Enable Tx” sans sélection de station, WSJT-X enverra alors un message CQ avec votre indicatif et locator).
WSJT-X gère l’enchaînement des messages standards et vous aide à éviter les erreurs.
Il est important de noter qu’en FT8 on ne peut échanger que des informations très basiques (indicatifs, report signal en dB, locator, accusé de réception, 73).
Il n’est pas possible de chatter ou d’envoyer du texte libre comme on le ferait en RTTY ou PSK31. FT8 n’est pas un mode conversationnel : il se limite au minimum pour valider un contact
Cela peut sembler frustrant pour certains, mais c’est la contrepartie de son efficacité pour faire des DX avec de faibles signaux.
Enfin, une fois le QSO terminé, pensez à logger (enregistrer) le contact.
WSJT-X dispose d’un bouton “Log QSO” qui ouvrira une petite fenêtre avec les détails du contact (indicatif, heure, mode, report, etc.) pour confirmation et enregistrement dans un fichier journal ADIF local.
Vous pouvez saisir des commentaires ou indiquer si la QSL est envoyée.
Ce journal de WSJT-X est rudimentaire, c’est pourquoi de nombreux utilisateurs préfèrent utiliser un logiciel de log externe pour centraliser tous leurs contacts, comme nous allons le voir.
Intégration avec JTAlert
WSJT-X, à lui seul, offre un décodeur puissant et l’essentiel pour faire des QSOs en modes numériques.
Cependant, il peut être utile de l’associer à des outils complémentaires pour enrichir l’expérience.
JTAlert est l’un de ces utilitaires indispensables pour de nombreux adeptes de FT8/FT4.
Il s’agit d’un programme Windows (gratuit) qui tourne en arrière-plan aux côtés de WSJT-X et qui interagit avec lui en temps réel.
Que fait JTAlert ? Comme son nom l’indique, JTAlert génère des alertes visuelles et sonores basées sur les décodages de WSJT-X
Par exemple, JTAlert peut vous avertir lorsqu’une station rare ou un nouveau pays DXCC apparaît dans la liste des décodages, ou encore si une station vous appelle directement.
Vous pouvez configurer des critères d’alerte très variés : indicatif particulier (ami, DX spécifique), préfixe ou pays recherché, nouveau locator, nouvel état US, continent jamais contacté, etc.
Chaque fois que JTAlert détecte l’un de ces critères dans les messages décodés par WSJT-X, il peut faire clignoter la ligne, émettre un son d’alerte, afficher une notification, etc.
Cela évite de louper une opportunité pendant que vous surveillez la bande.
En plus des alertes, JTAlert rend de grands services pour le logging (journal de trafic).
Il peut en effet enregistrer automatiquement chaque QSO réalisé sous WSJT-X vers votre logbook favori
De nombreux logiciels de log sont supportés nativement : par exemple Log4OM (v1 et v2), DXKeeper, Ham Radio Deluxe Log, N3FJP, un fichier ADIF standard, etc.
Concrètement, dès que vous cliquez sur “Log QSO” dans WSJT-X (ou à la fin d’un contact auto-loggé), JTAlert récupère les informations du QSO et les envoie dans le journal choisi Vous n’avez aucune double saisie à faire. JTAlert peut aussi uploader automatiquement vos contacts vers des services en ligne comme eQSL, QRZ.com ou HRDLog
Autres fonctionnalités notables de JTAlert : il marque les indicatifs déjà contactés (“Worked B4”) pour vous éviter les doublons inutiles; il peut checker en temps réel si les calls décodés sont utilisateurs de LotW ou eQSL (en affichant de petites icônes) pour savoir si vous pourrez obtenir une confirmation électronique
Il dresse un bilan par bandes des stations décodées (combien de nouveaux DXCC par bande, etc.); et permet même un petit chat réseau entre utilisateurs de JTAlert.
Tout cela est très configurable selon vos besoins.
Comment utiliser JTAlert avec WSJT-X ?
Sur le plan technique, JTAlert communique avec WSJT-X via une connexion locale (UDP) en utilisant les messages de décodage que WSJT-X diffuse.
Heureusement, l’interconnexion est assez transparente pour l’utilisateur : il suffit généralement de lancer WSJT-X puis de lancer JTAlert. JTAlert “écoute” automatiquement les messages de WSJT-X (assurez-vous que dans WSJT-X l’option Reporting -> Enable UDP Server est activée, ce qui est le cas par défaut).
Lorsque WSJT-X décode des messages, JTAlert les analyse instantanément en parallèle.
Pour la configuration initiale, installez JTAlert (depuis hamapps.com le site de son auteur, qui fournit le programme d’installation et le runtime .NET si nécessaire) et indiquez-lui dans ses paramètres quel logiciel de log vous utilisez afin qu’il sache où écrire les QSOs. Choisissez “Log4OM v2” par exemple si vous utilisez Log4OM 2, ou “ADIF File” si vous voulez simplement qu’il alimente un fichier .adi.
Par ailleurs, configurez vos critères d’alerte (la première utilisation vous permettra de sélectionner les diplômes que vous chassez, etc.).
Une fois JTAlert en marche, vous verrez apparaître sa petite fenêtre d’interface.
Elle reste généralement au-dessus ou en dessous de WSJT-X.
Vous y trouverez des cases indiquant les différentes alertes (par exemple “Wanted DXCC” ou “New State” en jaune, etc.) qui s’allumeront lorsqu’une condition est remplie, ainsi que le statut de la connexion au log externe.
L’utilisation typique est la suivante : vous laissez JTAlert tourner pendant votre trafic FT8, et il vous signale les correspondants intéressants (par un son ou un visuel) pendant que vous êtes en train de décoder.
Quand vous terminez un QSO et que vous le loggez, JTAlert le transmet aussitôt à votre logbook.
En somme, JTAlert complète WSJT-X en apportant du confort (alertes automatiques) et en automatisant la gestion du log, ce que WSJT-X seul ne fait qu’à minima.
Intégration avec Log4OM (ou un autre logbook)
Comme beaucoup de radioamateurs, vous aurez sans doute envie de conserver un journal de trafic unique regroupant l’ensemble de vos contacts, tous modes et bandes confondus.
WSJT-X, comme mentionné, enregistre les QSO dans un simple fichier ADIF local, mais pour une gestion avancée il est préférable d’utiliser un logiciel de log dédié. Log4OM est un exemple populaire de logbook moderne, gratuit, qui s’intègre bien avec WSJT-X et JTAlert.
Bien sûr, d’autres journaux électroniques existent (HRD Log, DXKeeper, CQRLOG sous Linux, etc.) et offrent des fonctionnalités similaires – le principe d’intégration reste comparable.
Pourquoi utiliser un logbook externe ?
Un logbook tel que Log4OM permet de centraliser tous vos contacts dans une base de données unique, et d’y ajouter de nombreuses informations utiles.
Vous pourrez facilement filtrer et trier vos QSO (par bande, par mode, par indicatif, par date, etc.) et obtenir des statistiques détaillées sur vos activités radio
Par exemple, Log4OM peut afficher le nombre de pays (DXCC) contactés et confirmés par bande, suivre votre progression sur des diplômes (WAZ, IOTA, DDFM…)
Vous indiquer quels locators Gridsquare vous avez contactés sur 6 m, etc.
Il facilite également la gestion des QSL (marquer si une carte papier ou une eQSL a été envoyée/reçue, ou exporter vers Logbook of The World).
En un coup d’œil, vous avez votre historique complet de trafic et pouvez rechercher un ancien contact pour retrouver par exemple le prénom de l’opérateur ou les conditions de trafic notées en commentaire.
C’est un véritable carnet de station numérique, bien plus puissant que les tableaux papier d’antan.
Mise en place avec WSJT-X : Log4OM (v2) possède des capacités d’intégration en temps réel avec d’autres applications.
Il est conçu pour écouter des entrées UDP afin de recevoir des informations de QSO depuis des logiciels externes comme WSJT-X ou JTAlert
Il y a deux approches possibles pour enregistrer automatiquement vos QSO WSJT-X dans Log4OM :
Via JTAlert (méthode recommandée pour sa simplicité) : Comme décrit précédemment, JTAlert peut envoyer chaque QSO vers Log4OM.
Il suffit dans JTAlert de sélectionner Log4OM comme cible de log et de fournir les paramètres de connexion (généralement, Log4OM doit être configuré pour accepter les logs entrants – ce qui se fait dans Log4OM en activant le UDP Inbound sur le port adéquat, par exemple le port 2333 pour ADIF).
Une fois en place, tout QSO loggé dans WSJT-X sera transmis via JTAlert et apparaîtra instantanément dans Log4OM, sans intervention manuelle.
Vous verrez la fiche contact se créer toute seule avec les données du QSO (indicatifs, heure, bande, mode, report, etc.).
Directement via WSJT-X (méthode alternative) : WSJT-X lui-même peut émettre un message UDP contenant les détails du QSO quand on clique “Log QSO”.
En configurant WSJT-X pour qu’il envoie vers le port UDP écouté par Log4OM, on peut se passer de JTAlert pour la partie logging.
Dans Log4OM, on utilise alors le Log4OM Communicator pour définir un “UDP inbound connection” sur le port choisi (par exemple 2237 ou 2333) afin de capter les enregistrements de WSJT-X
Cette solution fonctionne bien aussi, mais offre moins de souplesse sur les alertes et le monitoring en temps réel (puisque JTAlert apporte des fonctionnalités en plus). Néanmoins, pour un environnement non Windows (JTAlert ne fonctionnant que sous Windows), c’est une option intéressante – par exemple sous Linux on pourrait faire communiquer WSJT-X et CQRLOG via UDP.
Une fois l’intégration en place, vous bénéficiez du meilleur des deux mondes : WSJT-X pour opérer les contacts en FT8/FT4, et Log4OM pour la gestion centralisée de vos QSO.
Tous vos contacts FT8 seront stockés aux côtés de vos contacts SSB, CW, etc., dans Log4OM.
Vous pourrez ainsi analyser votre log complet.
Par exemple, voir sur quelle bande vous avez le plus de contacts en FT8, ou combien de nouveaux DXCC le FT8 vous a permis de contacter cette année-là, etc.
Log4OM offre des filtres et affichages personnalisés pour ce genre d’analyse
Il est également capable de synchroniser votre log avec des services en ligne (chargement vers LoTW, eQSL, ClubLog…), ce qui simplifie grandement la gestion des confirmations.
En résumé, l’association WSJT-X + JTAlert + Log4OM constitue une chaîne complète : du décodage du signal radio jusqu’à l’archivage du contact dans votre journal personnel, tout est automatisé ou presque.
Cette intégration n’est pas obligatoire pour débuter (on peut très bien se contenter d’exporter manuellement le fichier ADIF de WSJT-X et de l’importer dans son log de temps en temps), mais elle apporte un réel confort quand on pratique intensivement les modes numériques.
Bonus : Conseils pour bien débuter en FT8 et ressources utiles
Pour terminer ce guide, voici quelques conseils pratiques et ressources pour vous aider à profiter au mieux de WSJT-X et du FT8 :
Commencez doucement et observez : Avant de lancer vos appels, il peut être instructif de passer quelques minutes en réception uniquement.
Observez les messages décodés, repérez comment se déroule un échange complet et notez les indicatifs qui reviennent souvent.
Cela vous familiarisera avec le rythme du FT8 et les conventions d’appel.
Soignez la synchronisation horaire : On l’a dit, mais c’est crucial – vérifiez régulièrement que l’horloge de votre PC est exacte.
Une désynchro de quelques secondes peut vous rendre complètement invisible des autres stations
Utilisez la synchronisation internet automatique ou des outils comme Dimension 4, Meinberg NTP, etc., surtout si votre PC reste allumé longtemps.
Modérez la puissance : FT8 permet des contacts à longue distance avec très peu de puissance.
Inutile (et même contre-productif) d’émettre à 100 W si 20 W suffisent. En général, 20-30 W sur les bandes HF donnent d’excellents résultats en FT8, et beaucoup d’OM pratiquent en QRP (5-10 W) avec succès
Une puissance trop élevée saturera la bande et pourrait créer de la distorsion. Visez une modulation propre, sans ALC excessif sur votre émetteur (réduisez le gain audio jusqu’à ce que le niveau ALC soit quasiment nul en émission).
Respectez les fréquences et le séquencement : Utilisez les fréquences FT8 désignées par bande (standard mondial) pour éviter les conflits avec d’autres modes.
Ne transmettez qu’au bon moment (pile sur les créneaux de 15 s correspondant à votre tour).
WSJT-X s’en occupe automatiquement, donc en cas de doute, laissez-le gérer le minuteur et ne forcez pas une émission manuelle hors créneau.
Utilisez les messages standard : Au début, contentez-vous des messages générés par WSJT-X (ceux en encadré gauche).
Ils couvrent 99 % des cas (CQ, réponse avec report, accusé, 73).
Évitez les messages libres tant que vous n’êtes pas familiarisé – de toute façon le FT8 n’est pas fait pour de longues phrases.
Un simple “RR73” final suffit et est compris de tous.
Gardez un œil sur la propagation : Le mode WSPR, inclus dans WSJT-X, est un excellent outil pour vérifier l’ouverture des bandes.
En quelques clics, vous pouvez émettre des balises WSPR et voir via le réseau WSPRnet où votre signal a été entendu.
Cela vous donnera des indications sur les bandes prometteuses du moment.
Rejoignez la communauté : N’hésitez pas à consulter des forums ou groupes de discussion dédiés aux modes numériques.
Le groupe WSJT-X officiel (sur groups.io) et le groupe HamApps JTAlert sont très actifs (en anglais) et permettent de poser des questions techniques.
En français, vous trouverez des retours d’expérience sur des forums radioamateurs ou des articles de blogs (par exemple Le Radioscope ou des discussions sur radioamateur.org).
La communauté FT8 est accueillante et saura vous aider en cas de difficulté.
Documentez-vous et allez plus loin : Pour approfondir vos connaissances, voici quelques ressources utiles :
Documentation officielle WSJT-X – Le User Guide de WSJT-X (en anglais) détaille l’ensemble des fonctionnalités et modes supportés
C’est une référence à garder sous la main en cas de question pointue sur un réglage.
Guide FT8 de ZL2IFB – Un radioamateur ZL2IFB a rédigé un guide très complet sur les bonnes pratiques en FT8 (FT8 Operating Guide). Il est disponible en anglais et des traductions non-officielles existent
Ce guide couvre les trucs et astuces pour optimiser vos chances (par exemple comment choisir un emplacement libre dans le spectre, gérer un pile-up, etc.).
Vidéos tutoriels – De nombreuses vidéos YouTube montrent comment démarrer avec WSJT-X et FT8 pas à pas.
Par exemple, la chaîne de F4HTZ propose « Les bases du FT8 » en français, et la chaîne de VK7HH (Ham Radio DX) a une vidéo “Get Started with FT8” en anglais très pédagogique. Regarder ces tutoriels visuels peut compléter ce guide écrit et vous aider à configurer votre station.
JTAlert et Log4OM – Pour configurer JTAlert ou Log4OM en détail, reportez-vous aux manuels officiels ou aux forums dédiés.
Le site hamapps.com fournit un mode d’emploi pour JTAlert, et la documentation de Log4OM (disponible en PDF sur le site log4om.com) explique pas à pas comment activer l’interfaçage UDP avec WSJT-X
Ces ressources vous guideront si vous rencontrez des difficultés d’intégration.
En suivant ce guide et en explorant ces ressources, vous devriez être en mesure de démarrer confortablement en FT8 et autres modes de WSJT-X.
Ces outils peuvent réellement élargir vos possibilités de trafic en vous permettant de communiquer dans des conditions auparavant impossibles.
Que ce soit pour contacter des DX lointains avec 5 watts ou pour surveiller la propagation 24h/24, WSJT-X et ses utilitaires associés deviendront vite des alliés précieux de votre station.
Bonne découverte du monde passionnant des modes numériques faibles signaux, et bons QSOs !
L’IA, Serge (ON5SYZ/F4LVO) et toutes les publications sur internet